Il y a chez Gaz Newton quelque chose d’un peu obstiné. Depuis plus de douze ans, le musicien lyonnais creuse le même sillon sans jamais vraiment tourner en rond : celui d’un indie rock libre, mélodique et légèrement cabossé, où les guitares peuvent se fracasser avant de laisser place à une mélodie qu’on n’avait pas vu venir.
Derrière Gaz Newton, il y a Gaël Terrien, auteur, compositeur, guitariste et chanteur, nourri autant aux Pixies, Pavement et Grandaddy qu’à cette culture rock DIY où l’on préfère l’instinct à la perfection. Sa musique en garde les traces : des guitares qui débordent, des arrangements qui prennent des chemins de traverse, des chansons immédiatement accessibles mais suffisamment tordues pour ne jamais devenir sages.
Avec Quiet Life, son troisième album paru en juin 2025, Gaz Newton ne cherche pas à réinventer l’indie rock. Il fait mieux : il le joue à sa manière. Des chansons qui parlent de désir, de fuite, de temps qui passe et de cette drôle d’urgence à vivre, avec une simplicité de façade derrière laquelle se cachent une vraie densité émotionnelle et quelques belles cicatrices.
Sur scène, les morceaux prennent une autre dimension. Electric Heart, Lovers Day, mais aussi City Song ou Colorado : douze années de chansons qui se répondent, de guitares qui montent en tension et de mélodies qui s’accrochent. Pas de nostalgie en bandoulière, mais le goût intact pour un rock qui peut être à la fois bruyant, fragile, lumineux et profondément humain.
Gaz Newton avance ainsi, loin des modes et assez près de ses obsessions. Des chansons imparfaites juste comme il faut, des guitares qui grincent, des refrains qui restent et cette conviction simple : tant qu’il y a une bonne mélodie, il y a une raison de monter le volume.
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